lundi 23 août 2010

Suzuki Grand Vitara 2010 essaie routier (Auto123.com)

Le Suzuki Vitara n’est plus nouveau. Lancé en 1988, il est d’ailleurs un contemporain du Jeep Cherokee, l’ancêtre des « VUS ». Depuis lors, le Vitara est devenu « Grand », au sens propre et figuré. Car s’il a grossi et gagné du muscle depuis l’époque des premiers Vitara, sa dotation a également été largement étoffée. Cependant, au fil des ans une chose n’a pas changé : ce véhicule nippon est demeuré un utilitaire pur et dur, prêt à affronter les sentiers forestiers. Dans son cas, l’habit fait le moine!



Le Suzuki Grand Vitara est un tout-terrain qui s’assume. (Photo: Luc Gagné/Auto123.com)

Contrairement à des véhicules comme le 
Nissan Rogue ou le Honda CR-V, leGrand Vitara EST un véritable tout-terrain. Sa garde au sol généreuse et ses porte-à-faux avant et arrière courts le confirment. 

Bien entendu, la majorité des acheteurs de Grand Vitara quitteront rarement l’asphalte et le béton de nos routes. Mais ils l’auront choisi pour profiter de sa taille raisonnable, de sa capacité de remorquage intéressante, de sa consommation somme toute dans la moyenne, de sa construction robuste ou de son habitacle spacieux et polyvalent.

Au Canada, la gamme offre une certaine dose de simplicité. Car le système à quatre roues motrices avec gamme basse de vitesses et la boîte de vitesses automatique font partie de l’équipement de série. Cela élimine le modèle à deux roues motrices (arrière) et à boîte manuelle qui figure au catalogue états-unien. Mais à bien y penser, qui voudrait d’un pseudo tout-terrain comme ça ?
4-cylindres ou V6? Voilà la question!
Dans cette optique, lorsqu’on opte pour cet utilitaire nippon, le choix à priori se résume à celui d’un moteur: 4-cylindres ou V6, lequel choisir ? Du point de vue de la dotation, des versions JLX et JLX-L (intermédiaire et la plus cossue) existent pour ces deux moteurs. Le modèle JX d’entrée de gamme, dont la dotation est en quelque sorte « allégée », ne peut être obtenu qu’avec le 4-cylindres. Logique, puisqu’il mise avant tout sur un bas prix (27 995 $).

Alors, le choix du moteur implique l’usage qu’on fera du véhicule. Or, si les aptitudes en remorquage constituent un facteur déterminant pour vous, là encore au Canada tous les Grand Vitara se ressemblent et affichent la même capacité de remorquage, soit 1360 kilos (3000 livres)! Assez, donc, pour déplacer une remorque portant un petit bateau, un VTT ou une moto. 

Ce sont donc les cotes des deux moteurs qui recèlent la réponse. Le V6 présente, en effet, le double avantage d’une puissance (230 plutôt que 166 chevaux) et, surtout, d’un couple moteur (213 lb-pi à 3500 tours plutôt que 162 lb-pi à 4000 tours) supérieurs à ceux du 4-cylindres. Le V6 procurera donc de meilleures prestations à ce véhicule, s’il doit servir au remorquage. 

Sous le capot du modèle essayé logeait un V6 développant 230 chevaux. (Photo: Luc
Gagné/Auto123.com)
Pour l’agrément de conduite
Derrière le volant, le V6 de 3,2 litres se distingue par ses accélérations et ses reprises plus soutenues, en plus d’être jumelé à une boîte de vitesses automatique plus souple que celle du 4-cylindres parce qu’elle a cinq rapports plutôt que quatre.

On sélectionne le mode de fonctionnement de la transmission intégrale simplement en tournant un commutateur situé sur la console centrale. (Photo: Luc Gagné/Auto123.com)

Bien sûr, cet agrément se paie par des litres de carburant, puisque la consommation du V6 serait 6,6% supérieure à celle du 4-cylindres, du moins si l’on se fie aux chiffres du fabricant. Dans la vraie vie, cela se traduit par une consommation moyenne de 12,5 litres aux 100 kilomètres relevée aux termes d’essais réalisés sur plus de 700 kilomètres en ville et sur autoroute.

Plus gourmand qu’un RAV4 ou un CR-V, le Grand Vitara? Oui, un peu. Cela s’explique peut-être par le fait que ce véhicule, qui est plus lourd d’environ 100 kilos, s’assimile plus à une camionnette qu’à une auto. 

D’ailleurs, son système à quatre roues motrices autorise tout de même un usage hors-route. Dans des conditions normales, le conducteur peut laisser le sélecteur situé sur la console centrale à la position « 4H » en tout temps. Le système adopte alors un fonctionnement réactif et transmettra au besoin du couple aux roues avant, ce qui permet d’optimiser la consommation de carburant. 

Par contre, pour affronter des conditions de conduite plus difficiles, le conducteur n’a qu’à sélectionner soit le mode « 4H Lock » (gamme haute, différentiel central verrouillé), soit le mode « 4L Lock » (gamme basse). Les modèles dotés du V6, comme le JLX-L dont j’ai fait l’essai, disposent même de systèmes de contrôle de l’adhérence en descente  et de retenue en pente pour les ascensions, qui peuvent s’avérer utiles dans des situations extrêmes. 

Habitacle spacieux

L’habitacle du Grand Vitara est spacieux et convient parfaitement à quatre adultes, cinq au besoin. Les sièges avant sont amples et confortables. Ils offrent un point de vue élevé qui ajoute au sentiment de sécurité. Dans les versions JLX et JLX-L, ces sièges sont chauffants, ce qui constitue un bienfait évident pour l’hiver – surtout dans le cas des JLX-L puisqu’ils ont une sellerie de cuir. 

La servodirection est précise et l’assistance bien dosée. En revanche, un volant inclinable qui serait également télescopique optimiserait la position de conduite. Par ailleurs, le tableau de bord offre un aménagement qui, faute d’être spectaculaire, se révèle ergonomique. 

Le tableau de bord offre un coup d’oeil élégant et un aménagement ergonomique. (Photo: Luc Gagné/Auto123.com)
La banquette arrière présente un dégagement important au niveau des pieds, des genoux et de la tête. On peut y séjourner confortablement durant de longs parcours. Elle est constituée de deux sections asymétriques (60/40) dont les dossiers s’inclinent et se replient. En faisant basculer ces sections vers l’avant, on dégage un volume utile important, qui atteint près de 2000 litres. C’est presque autant que dans un RAV4 ou un CR-V, deux véhicules qui sont toutefois plus longs et plus larges que le Grand Vitara.Porte arrière pratique... et gênante!
Le principal handicap de ce véhicule demeure toutefois sa grande porte arrière, qui s’ouvre vers le côté trottoir. Pour être ouverte entièrement, elle requiert un dégagement très important derrière le véhicule. De plus, lorsqu’on stationne le véhicule le long d’une rue en ville, une fois ouverte, elle bloque l’accès au... trottoir! Un combiné hayon/battant, comme on en trouve sur le Mitsubishi Outlander et le Honda Element, demeure la solution la plus pratique à ce chapitre.

On accède à l’aire à bagages en ouvrant la large portière qui, en s’ouvrant de gauche à droite, peut bloquer l’accès au trottoir! (Photo: Luc Gagné/Auto123.com)

Toutes les versions du Grand Vitara, de la plus humble à la plus cossue, disposent de la même quincaillerie de sécurité passive : des coussins gonflables frontaux et latéraux, et des rideaux gonflables de pavillon, de même qu’un système d’antipatinage et un système de contrôle électronique de la stabilité. Les freins à disque aux quatre roues, faciles à moduler, sont également dotés d’un antiblocage, qui n’a rien d’intrusif. 

Mais encore, que choisir entre V6 JLX et V6 JLX-L? Dans le cas de ces deux modèles, la lettre L ne signale qu’une seule différence : la sellerie de cuir et rien d’autre! Tous partagent les mêmes roues d’aluminium de 18 pouces et la même chaîne audio sophistiquée, qui plaira aux mélomanes. Somme toute, cette lettre L associée à la sellerie de cuir coûte la modique somme de 1 000 $. C’est donc une simple affaire de goût personnel...

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